Défense de thèse

Soutenance publique de la thèse de doctorat de Véronique Winand


Infos

Dates
Le 28 février 2020
Lieu
Dipartimento di Filologia e Critica de l’Université de Sienne
Palazzo San Niccolò
Sienne (Italie)
Prix
Entrée libre

Le 28 février 2020, Véronique Winand soutiendra sa thèse en vue de l'obtention du grade de docteur en Langues, lettres et traductologie.

 

Dynamiques d’intercyclicité dans quelques sommes arthuriennes en moyen français. Un nouvel essai de stemmatologie arthurienne.

Le développement des cycles arthuriens en prose, de la fin du xiie siècle à l’aube de la Renaissance, a fait l’objet de nombreux travaux, des premiers tâtonnements des élèves de Gaston Paris aux recherches les plus récentes, telles celles de Patrick Moran ou de Noémie Chardonnens, en passant par les remarquables reconstructions de Fanni Bogdanow ou de Cedric Pickford. Mais tous ces commentaires sur la genèse et le développement de la matière arthurienne en prose française se heurtent à l’absence d’une donnée fondamentale : la connaissance de la généalogie des manuscrits, sans laquelle il n’est possible de fournir un commentaire qu’à partir des éditions critiques ou de l’examen de chaque témoin en tant qu’objet sémiotique isolé.

Notre thèse, forte de l’expérience du Groupe Guiron, propose une tentative de dépasser les limites de ces approches en s’attaquant au cas de la fortune intercyclique d’Alexandre l’Orphelin et du Tournoi de Sorelois, deux petites séries d’épisodes issues des Prophéties de Merlin insérées dans la quatrième version du Tristan en prose, dans les continuations de deux témoins de Guiron le Courtois et dans le ms. Paris, BnF, fr. 112, que nous mettrons en regard avec deux autres cas d’interpolation intercyclique comparables : l’interpolation d’extraits de l’Agravain dans les troisième et quatrième versions du Tristan en prose, ainsi que l’interpolation de l’Érec en prose bourguignon dans le ms. Paris, BnF, fr. 358-363. Pour ce faire, nous avons eu recours à une approche strictement philologique, dont les résultats nous ont ensuite permis d’émettre quelques hypothèses relatives à la constitution et à la diffusion des cycles et de leurs suites, d’un point de vue plus narratologique et poétique.

Après un premier chapitre, introductif – dédié à l’état de l’art sur la diffusion des cycles arthuriens, avec une focalisation sur les trois ensembles arthuriens dont nous avons fait notre objet d’étude : les Prophéties de Merlin, Guiron le Courtois et les troisième et quatrième versions du Tristan en prose – nous avons tenté d’établir un stemma codicum pour les textes au cœur de notre étude, puis, à partir de quelques lieux critiques sélectionnés, les versions tardives du Tristan en prose et les Prophéties de Merlin. Les résultats de ces études, forcément partielles, nous ont ensuite permis d’étudier la diffusion intercyclique d’Alexandre l’Orphelin et du Tournoi de Sorelois d’une façon qui prenne aussi en compte le potentiel d’intervention de la tradition textuelle face à l’insertion d’un récit externe, allogène. Nous avons ensuite mis en perspective ces résultats grâce à l’interpolation d’extraits de l’Agravain dans les troisième et quatrième versions du Tristan, ainsi que d’extraits de l’Érec en prose bourguignon dans le ms. Paris, BnF, fr. 358-363, afin de voir de quelle façon une approche résolument philologique d’un problème essentiellement narratologique pouvait éclairer les processus d’interpolation intercyclique, dans une tentative à caractère expérimental.

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