Élise Franssen : Explorer les réseaux intellectuels au sein du sultanat mamelouk



imgActu
©️ B.Bouckaert

Élise Franssen, Docteure en langues et littératures orientales, Service de langue arabe, études islamiques et Histoire de l’art et archéologie du monde islamique au sein de l'unité de recherches Transitions, obtient un mandat de chercheuse qualifiée du FNRS pour poursuivre ses recherches sur les savants du sultanat mamelouk au XIVe siècle.

É

lise Franssen s'engage dans une recherche ambitieuse visant à révéler les méthodes de travail, les réseaux et la gestion des sources des savants majeurs du sultanat mamelouk au XIVe siècle, une période florissante de l’histoire intellectuelle islamique. Intitulé "Crafting Knowledge. 14th-century scholars in the Mamluk sultanate: their working methods, source management and networks", son projet se concentre sur l'étude de figures telles qu’al-Ṣafadī, Ibn Ḫaldūn, ou encore Ibn Manẓūr. En analysant des documents de travail manuscrits, des notes de lecture et d'autres éléments paratextuels, Élise Franssen souhaite reconstituer l'écosystème intellectuel de l’époque, tout en établissant des liens avec les pratiques collectives et les cercles de savants liés à la chancellerie mamelouke.

La particularité de cette recherche réside dans son approche intégrée, combinant une analyse textuelle, philologique et matérielle des manuscrits pour saisir non seulement leur contenu mais aussi les processus d'écriture et de transmission des connaissances. En s’appuyant sur des sources jusqu’ici sous-exploitées — carnets de lecture, notes et manuscrits holographes — ce projet permet de combler une lacune majeure dans la compréhension de l'histoire intellectuelle du sultanat mamelouk. En étudiant ces manuscrits, Élise Franssen espère reconstruire la dynamique des réseaux savants et leurs interactions avec les structures de pouvoir de l’époque.

Une contribution inédite à l’histoire intellectuelle

Jusqu’à présent, il n'existait aucune synthèse globale sur la manière dont les savants mamelouks organisaient et produisaient leur savoir. La plupart des études antérieures ignorent la dimension matérielle des textes, une lacune que ce projet cherche à combler. En intégrant l'analyse codicologique des manuscrits et l'étude des réseaux intellectuels, ce projet de recherche ouvre de nouvelles perspectives dans l’exploration de la transmission des savoirs au XIVe siècle. Le projet, à terme, vise la production de la première encyclopédie intellectuelle de cette période.

Bien que son sujet concerne une période éloignée, Élise Franssen souligne la pertinence de son travail pour le monde contemporain. Le sultanat mamelouk, comme notre époque, était marqué par une surabondance d’informations. En étudiant la façon dont les savants géraient et structuraient ce savoir, j'espère offrir des réflexions utiles sur nos propres pratiques intellectuelles actuelles, en matière de gestion des connaissances et d’organisation du savoir.

Avec son projet sur les savants mamelouks, Franssen s'inscrit dans une tradition de chercheur·euses qui éclairent les grandes figures intellectuelles du passé tout en les reliant aux défis du présent, démontrant ainsi que la réflexion historique peut nous offrir des clés pour comprendre et améliorer nos pratiques contemporaines.

A propos d'Élise Franssen

Le parcours académique d’Élise Franssen témoigne de sa passion pour la recherche et la découverte. Ayant débuté ses études en Histoire de l’Art et Archéologie avec un double cursus en Langues et Littératures Orientales, elle s’est rapidement spécialisée dans l’étude des manuscrits arabes. Sous la direction de Frédéric Bauden, elle défend sa thèse intitulée "Les manuscrits de la recension égyptienne des Mille et une Nuits. Étude codicologique, avec édition critique, traduction et analyse linguistique et littéraire du conte de Jānšāh" en 2012.

Après un Erasmus à Venise qui a marqué un tournant dans sa carrière, elle s’est engagée dans une thèse de doctorat avec un séjour d’un an au Caire. Ses recherches post-doctorales l’ont conduite à Bonn, Venise et Paris, avant de revenir à l’Université de Liège dans le cadre du projet EOS DiplomatiCon. Aujourd'hui, en tant que chercheuse qualifiée FNRS, elle poursuit son exploration des réseaux intellectuels du XIVe siècle.

Publié le

Partagez cette news

cookieImage