Administrer la paperasse du peuple
L'historien dans le bureau du roi (Michelet, Braudel, Rancière)
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S
ixième séance du wébinaire Le spectacle des arcanes. Le travail de l’administration sur elle-même (images, discours, corpus). Première modernité, Europe et premières colonies, animée par Maud HAGELSTEIN (Professeure associée à l’Université de Liège - Maîtresse de recherches du F.R.S.-FNRS).
On essaiera de préciser le rôle joué par l'historien Jules Michelet pour la fresque historiographique proposée par le philosophe Jacques Rancière dans Les Noms de l'histoire (1992). Selon la lecture de Rancière, après l'événement révolutionnaire, l'historien se serait glissé dans la place vacante libérée par la disparition du roi, prenant en charge lui-même l'ordonnancement de la parole des masses, de la parole des pauvres. Cette lecture s'appuie sur une mise en scène intégrée au dernier chapitre de La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe Il (1949), dans laquelle Braudel décrit le roi en représentation, dans son bureau, recevant les historiens, qui n'hésitent pas à l'interroger, à tourner autour de sa table de travail, se penchant par-dessus son épaule, et s'asseyant sans façon devant ses papiers - prenant ainsi une place inédite dans le travail d'administration de la paperasse du peuple.
Le lien TEAMS s'obtient sur simple demande par mail à jeremie.ferrer-bartomeu@uliege.be
Résumé de séance et Document d'appui (Jacques Rancière, Ch. 2 : « Le roi mort » dans Les noms de l'histoire. Essai de poétique du savoir, 1992, p. 25-52)
