DOCTORAT

Soutenance de thèse Alexandre LANSMANS


Infos

Dates
Le 6 décembre 2023
Lieu
Salle Lumière (Bât. A1)
Horaires
13h30

Vies sémiotiques des inscriptions urbaines. Avec une critique du discours de la "revitalisation"

Résumé 

L’espace public urbain est un scrutin quotidien, qui intéresse, en tant que tel, de nombreux scrutateurs. La cartographie en ligne Textures urbaines (texturb.uliege.be), qui sert d’annexe à cette thèse, présente une collection de quatre mille écritures de rue relevées à Liège entre février 2020 et février 2022, géolocalisées et organisées selon différents critères matériels et énonciatifs. Trois sous-collections issues de cette enquête sont successivement analysées d’un point de vue sémio-rhétorique : les énonciations pandémiques, les inscriptions résistantes et les écrits (pseudo-)encratiques. Deux objets du paysage sémiotique liégeois sont ensuite envisagés en couplant l’analyse du discours disponible sur ces objets à une sémiotique de terrain : un projet artistique de revitalisation du centre-ville liégeois par l’art (Art au Centre) et un monument aux morts (le Mémorial Interallié). La formulation vitaliste du projet urbain, en particulier l’axiologie rhétorique de la « revitalisation urbaine », depuis son émergence dans les années 1970, permet de motiver des opérations locales d’aménagement du territoire. Cette topique de la « vie » ou du « vivant », prégnante dans les discours dans/sur/par la ville, a également cours dans le discours tant profane que savant sur les inscriptions urbaines : de signe inquiétant, stigmate du ghetto, le graffiti semble maintenant plutôt perçu comme un élément qui « apporte de la vie » sur un mur. Le désignant « inscription vitalitaire » est proposé afin de saisir ce double phénomène, à la fois énonciatif (lorsque la « vie », le « vivant » ou le « vivre » sont les thèmes du texte-énoncé) et interprétatif (lorsque l’acte graphique est sémiotisé comme un geste par lequel le scripteur témoigne ou proteste de sa vitalité). D’une manière générale, cette thèse montre que l’expérience sémiotique des inscriptions urbaines peut déboucher sur une « illumination profane » au sens de Walter Benjamin, ce moment d’épiphanie critique pouvant à son tour être le point de départ d’une attention renouvelée aux injustices spatiales. 

 

Jury de la soutenance : Madame Maria Giulia Dondero (Présidente, ULiège), Monsieur François Provenzano (Secrétaire et promoteur ULiège), Madame Zoé Carle (Maîtresse de conférences en sémiotique, Université Paris 8), Madame Rossana De Angelis (Maîtresse de conférences en sciences du langage, Université Paris-Est Créteil), Monsieur Damien Darcis (Chargé de cours, Université de Mons)

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